Pour qui n'a jamais fouillé là-dedans, Denuvo est le système anti-piratage le plus utilisé sur les jeux PC depuis 2014. Édité par une boîte autrichienne, il s'ajoute aux jeux pour les empêcher de tourner sans autorisation, et il a longtemps été considéré comme imperforable.
Mauvaise nouvelle pour ses clients : le 27 avril, le fil Reddit qui suivait l'état des jeux Denuvo encore non cassés est tombé à zéro. Tous les jeux solo protégés par Denuvo ont désormais une version pirate qui marche, dont les blockbusters récents comme Resident Evil: Requiem.
Deux équipes ont fait le boulot avec deux approches différentes. Un collectif appelé MKDev, associé à un développeur sous le pseudo DenuvOwO, a publié fin 2025 un programme qui s'installe au plus bas niveau de Windows et fait croire à Denuvo qu'il dialogue normalement avec un système autorisé.
Pas besoin de modifier le jeu lui-même, le programme se positionne entre Denuvo et le système. En parallèle, un cracker connu sous le nom de voices38 a fait un travail plus radical en retirant carrément Denuvo de plusieurs jeux récents, dont le dernier Resident Evil. Ces versions ont été relayées par FitGirl, figure historique de la scène pirate.
Denuvo et 2K Games, l'éditeur de NBA 2K et de Marvel's Midnight Suns, n'ont pas attendu pour répliquer. Plusieurs jeux récents ont reçu une mise à jour qui ajoute une vérification en ligne tous les 14 jours.
Concrètement, votre jeu reçoit une sorte de ticket numérique qui expire au bout de deux semaines. Quand le ticket arrive à expiration, le jeu refuse de se lancer tant que votre PC n'a pas reconnecté les serveurs Denuvo pour en obtenir un nouveau. C'est le retour des vérifications en ligne forcées sur des jeux solo, modèle qu'on croyait remisé au placard depuis le naufrage de SimCity en 2013, où le jeu refusait de se lancer sans connexion permanente alors qu'il se jouait pourtant en solo.
LPour éviter une vérification en ligne, il faut soit fabriquer de faux tickets signés (impossible sans la clé secrète des serveurs Denuvo), soit retirer entièrement le système de vérification du jeu, ce qui demande beaucoup plus de travail que la technique précédente. Les crackers vont devoir se remettre à l'ouvrage.
Sauf que voilà, la mesure punit en premier ceux qui ont payé leur jeu. Si vous êtes en déplacement professionnel sans Wi-Fi, en train, sur un bateau, dans un coin où la 4G ne passe pas, ou simplement si les serveurs Denuvo tombent un soir, vous ne pouvez plus lancer NBA 2K26 que vous avez acheté 70 euros. Les pirates qui passeront par une version débarrassée de Denuvo n'auront, eux, jamais ce souci. La logique habituelle des protections anti-piratage agressives donc.
Vous l'avez compris, Denuvo a perdu sa bataille technique et se rabat sur des contraintes en ligne qui dégradent l'expérience des clients réels. C'est pénible.
Source : Tom's Hardware