Vous vivez au fin fond de la Creuse ? Dans un van aménagé ou sur un bateau ? Ou dans un village où la 4G arrive avec la grâce d'un escargot asthmatique ? Si c'est le cas, vous avez peut-être dégainé le porte-monnaie pour une antenne Starlink. Le résultat ? 150 Mbps tombés du ciel, littéralement, depuis des satellites qui filent à 27 000 km/h à plus de 500 km d'altitude. Votre terrasse est devenue une station de réception de signaux spatiaux. Le rêve. Sauf qu'il y a 3 trucs qu'on a oublié de vous dire au moment de l'achat.
Déjà, Starlink c'est un FAI américain comme un autre. Et comme tout FAI, il peut voir les sites que vous visitez. Même SpaceX. Ce qui laisse la possibilité que vos habitudes de navigation puissent être partagées avec les autorités US si un mandat pointe le bout de son nez.
Ensuite, le géant américain utilise du CGNAT (Carrier-Grade NAT) ce qui veut dire que vous partagez une IP publique avec une flopée d'inconnus. Votre antenne perso n'a donc pas son adresse IP personnelle. C'est de la mutualisation d'IP, en quelque sorte. Vous ne connaissez pas vos colocataires, par contre vous subissez leur réputation. Si l'un d'eux s'est fait griller en train de spammer ou de scraper, c'est l'IP entière qui se fait flagger. Ce que ça change vraiment ? Vous allez voir popper les CAPTCHAs qui vous demandent de cliquer sur les feux de circulation douze fois de suite, votre banque qui vous bloque "par sécurité" ou encore des sites de streaming qui vous balancent parce que votre IP partagée pue à plein nez. Et vous pouvez vous brosser pour du réacheminement de port si vous vouliez héberger quoi que ce soit.
Enfin, votre routeur Starlink tout neuf ne sait pas parler le VPN. Pas de client, pas de passthrough, que dalle. Elon vous a vendu l'internet de l'espace, sauf qu'il a oublié la couche chiffrée qui va avec.
Maintenant qu'on a établi le diagnostic, la solution n'est pas non plus la plus compliquée à trouver : un VPN. Sauf qu'à l'inverse d'un simple desktop ou laptop, on ne peut pas se tourner vers le premier venu. Parce qu'un satellite a quelques contraintes à prendre en compte.
Les 11000+ satellites Starlink. Source : https://satbeams.com/
Le satellite, c'est fantastique, sauf pour la latence
Dès le moment où votre antenne communique avec un satellite en orbite basse, vous partez déjà avec 25 à 60 ms de latence avant même d'avoir ouvert un onglet. Et très souvent la connexion saute d'un satellite à l'autre toutes les 4 à 15 minutes, comme une antenne de radio qui zappe entre deux fréquences. Si vous ajoutez un mauvais VPN par-dessus, c'est la catastrophe. Par exemple OpenVPN, c'est encore 30 à 50 ms en plus et une baisse de débit de 20 à 30%. Autant dire que votre visio va vite ressembler à une retransmission des premiers pas sur la Lune (1969 pour ceux qui ne savent pas).
Avec le protocole WireGuard c'est déjà un peu mieux. On parle de 10 à 20 ms seulement et d'une perte de débit de l'ordre de 10-15%. Après tous ces chiffres dépendent de plusieurs éléments comme le matériel, le serveur VPN, la charge, le protocole, le réseau et les conditions radio. Mais jusqu'à preuve du contraire c'est le protocole à choisir sur satellite.
Et c'est là que Surfshark tombe plutôt bien puisque leur implémentation du protocole est non seulement rapide et est désormais post-quantique de bout en bout (ML-KEM pour l'échange de clés et ML-DSA pour l'authentification). Ces certificats post-quantiques que même Apple et Microsoft n'ont pas encore activés dans leurs applis grand public. Vous allez me demander pourquoi c'est important dans le cas présent ? Et bien tout simplement parce que sur une connexion satellite, votre trafic passe littéralement par les airs, interceptable par n'importe quelle agence avec un budget. Ça sonne un peu science-fiction, mais c'est une réalité. Donc autant que les paquets qui vous sont volés aujourd'hui restent illisibles même dans 10 ans lorsque le quantique sera réalité (s'il l'est d'ici là).
Une autre fonctionnalité qui prend tout son sens sur Starlink : le kill switch. Chaque fois que votre antenne change de satellite, la connexion peut vaciller même juste une fraction de seconde. Sans l'option kill switch, votre trafic va alors transiter en clair pendant ce court laps de temps. Avec l'option activée, la fuite est fermée nette jusqu'au retour du tunnel chiffré. Sur une connexion qui saute d'une machine spatiale à une autre toutes les quelques minutes, ce n'est pas du luxe, c'est de la plomberie de base (rapport à la fuite).
Pourquoi Surfshark marche particulièrement bien sur Starlink
Alors oui, je sais, je vous entends d'ici : "Korben, tu nous vends Surfshark depuis le début de l'article". C'est pas faux, mais il faut dire aussi que pour ce cas d'usage précis, le requin coche des cases que les autres ratent parfois de loin :
- Il supporte un nombre d'appareils illimité. Et une connexion Starlink, c'est rarement un seul appareil. C'est le PC, le téléphone, la tablette, la smart TV, la console, le NAS et même très souvent toute une tribu ... ou un village entier. Chez Surfshark, vous connectez tout ça sans compter. De quoi faire tourner 7 appareils simultanés en 4K sans broncher.
- L'outil CleanWeb , leur bloqueur de pubs et trackers intégré. Dans des échanges avec un satellite, chaque méga compte (surtout que Starlink a des règles d'usage équitable). Si vous supprimez la couche publicitaire, c'est du débit récupéré gratuitement.
- 4500+ serveurs répartis dans plus de 100 pays, dont la France. On sait qu'un serveur proche cela va diminuer la latence. Et la latence c'est pas mal important comme on l'a vu plus haut. Disposer d'un serveur à moins de 500 km c'est quand même mieux que de devoir joindre l'autre bout du monde.
- Une politique no-logs qui a été auditée plusieurs fois au fil des années et des serveurs 100% RAM qui s'effacent régulièrement.
Et si vous voulez ajouter une couche, vous pouvez faire changer votre IP toutes les cinq minutes (rotation d'IP), pour brouiller encore plus la corrélation entre vos sessions. Sur une IP partagée qui peut déjà partir en quarantaine régulièrement, disposer de sa propre IP VPN qui tourne, c'est plutôt sympa.
2 méthodes d'installation, facile et moins facile
N'importe qui peut utiliser la méthode classique puisqu'elle est faite pour 95% des gens et prend 5-10 minutes chrono. D'abord vous allez commencer par installer l'appli Surfshark sur chacun des appareils que vous voulez protéger (la base). Il n'y a pas de routeur à toucher, pas de bypass mode, rien. Ça marche immédiatement avec le routeur Starlink d'origine et c'est ce que fait la quasi-totalité des utilisateurs Starlink. Franchement, ça suffit pour la plupart.
Mais il y a aussi le style main dans le cambouis si vous voulez protéger automatiquement chaque appareil qui se connecte à votre réseau (y compris la TV du camping-car du beau-frère). Pour ça vous allez passer le routeur Starlink en mode bypass histoire de le transformer en simple modem. Puis vous allez brancher derrière celui-ci un routeur tiers compatible VPN. Par exemple un GLiNet qui fait très bien l'affaire, sinon un ASUS avec firmware adapté. Là, tout le trafic du foyer passe dans le tunnel par défaut. C'est plus propre et plus fun, mais ça demande un adaptateur Ethernet Starlink, un routeur supplémentaire et au moins une bonne tasse de café.
Et si ça rame ?
Avoir de 10 à 30% de perte de débit avec un VPN passant par satellite, c'est plutôt normal et vous allez devoir l'accepter. Par contre si vous avez des résultats plus mauvais que ça, essayez de trouver un serveur plus proche, activez le protocole WireGuard (si ce n'est pas déjà fait) et désactivez éventuellement le MultiHop. Et si le VPN décroche au moment des changements de satellite, c'est que le kill switch fait bien son boulot donc ne vous énervez pas.
Au final il faut se rendre compte que vos données suivent des satellites qui filent à toute vitesse, que vos paquets traversent l'atmosphère et que vous partagez votre IP avec des inconnus dont vous ignorez tout. Vous voyez donc assez vite que chiffrer le tout avec un VPN post-quantique ce n'est pas être complètement parano. C'est juste logique. Vous avez relié votre maison à l'espace, autant que l'espace ne sache pas ce que vous regardez le soir.
Et le tarif actuel ? Pour le Black Friday (et jusqu'au 30 novembre), l'abonnement Starter est à 2,49 € HT/mois sur 27 mois (incluant 3 mois offerts). Pour sécuriser un kit à 400 balles (prix moyen, un peu moins cher le Mini) et tout le foyer qui en dépend, c'est le prix de 2-3 croissants par mois. Même le banquier qui vous bloquait "par sécurité" il y a cinq minutes ne peut plus vous faire de reproche !