Le média Distilled a recoupé trois permis de construire déposés auprès des autorités texanes avec des images satellite montrant un défrichement démarré le 24 juillet. Amazon a confirmé derrière : le projet GW Ranch, dans le comté de Pecos, est bien le sien.

La centrale est développée par Pacifico Energy sur un terrain de plus de 8 000 acres, soit environ 3 240 hectares. Elle alignera jusqu'à 35 turbines à gaz pour 7,65 gigawatts, complétées par 1,8 GW de stockage sur batteries et 750 mégawatts de solaire installés sur place.

La particularité du projet, c'est son raccordement : il n'y en a pas.

GW Ranch fonctionne en réseau privé, isolé d'ERCOT, le réseau électrique texan. Amazon a acheté le site et achètera l'électricité produite, sans passer par la file d'attente d'interconnexion qui immobilise les autres projets pendant des années. C'est le premier campus de data centers IA hors réseau de l'entreprise.

L'argument commercial est prêt depuis longtemps. Amazon explique que son campus est alimenté par une production nouvelle sur site qui n'augmentera pas la facture d'électricité des familles texanes, et techniquement, c'est exact.

Le permis délivré en janvier par la TCEQ, l'agence environnementale du Texas, autorise jusqu'à 33 millions de tonnes de CO2 par an. La centrale au charbon la plus émettrice du pays, James H. Miller Jr. en Alabama, tourne autour de 16 millions de tonnes. Le plafond texan est donc au double.

Ce chiffre reste un plafond d'autorisation et pas une prévision, puisqu'une centrale ne tourne jamais à pleine charge toute l'année. Mais un permis calibré à ce niveau signifie que l'exploitant s'est ménagé la place pour le faire.

Le calendrier est serré. Premier électron visé au premier trimestre 2027, un gigawatt en service en 2028, cinq gigawatts et plus d'ici 2031. Pacifico avait annoncé le projet à 5 GW, il est monté à 7,65 en cours de route.

Trente-cinq turbines à gaz allumées en 2026 pour faire tourner des modèles d'IA, ça pique un peu quand même.

Environ 59 projets du même genre sont annoncés aux États-Unis, pour près de 90 GW cumulés. Amazon reste signataire du Climate Pledge, qu'elle a cofondé. Interrogée sur cette situation, l'entreprise répond que le monde est différent de ce qu'il était à l'époque. Ah ben d'accord.

Source : Distilled.earth